
UCTWG (UFOs Come To Watch Graffiti) est un magazine en ligne gratuit qui inaugure une série de vidéos en ligne.
Dans le 1er épisode on suit Yers dans les rues de Buenos Aires, en Argentine, pour une session street bombing.

UCTWG (UFOs Come To Watch Graffiti) est un magazine en ligne gratuit qui inaugure une série de vidéos en ligne.
Dans le 1er épisode on suit Yers dans les rues de Buenos Aires, en Argentine, pour une session street bombing.

Dize & Yome du crew VMD sont deux writers incontournables du graffiti français. Issus de la scène parisienne des années 90, il ont su faire évoluer leur art de manière complémentaire : Dize se concentre aujourd'hui sur ses toiles, tandis que Yome est tatoueur. Ils définissent le Graffiti comme un véritable mode de vie, qui les a notamment amenés à se produire ou à exposer dans de nombreux pays comme la Suisse, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, la Belgique, l'Espagne ou encore les États-Unis.

Le livre Victory Makes Days est une compilation exhaustive de leurs travaux récents. Sur plus de 200 pages couleur on retrouve de très nombreux murs, des actions dans la rue (tag, throw-ups), du graphisme, des dessins, des toiles et du tatouage. Une quantité importante de guests à la renommée internationale viennent compléter le menu : Revok, Aroe, Pro176, Jayone, Remio, Rap, Fuzi, Trun et bien d'autres. La production du livre est particulièrement soignée avec notamment 3 types de papier différents (brillant à mat) et un poster central.

Dize Yome – Victory Makes Days compte 224 pages, il coûte 25€ et est disponible ici sur Allcity.fr et bientôt dans les All City Stores en France. En voici un aperçu, également téléchargeable en PDF ici.

On croyait que les marques de vêtements et autres commerces avaient déjà tout fait en matière de récupération du graffiti. Et bien non ! Pour sa dernière campagne publicitaire intitulée #Pasque, le service marketing de chez Citadium a probablement remarqué que les interventions récentes de Kidult contre des marques font autant de pub aux marques visées qu'à Kidult lui-même…
Du coup, l'enseigne innove en la matière et s'inspire de la méthode : deux ex-vandales, Dealyt TNI et Sari GT, sont ainsi commandités et rémunérés pour vandaliser les affiches de la marque dans les rues de Paris et dans l'enceinte de la RATP – le tout filmé pour en faire un joli spot publicitaire. A cette occasion, Bastien Landru a suivi les deux tagueurs pour Brain Magazine.
Quartier libre pour tout saccager !
Paris est la deuxième ville la plus taguée au monde derrière New-York. C'est un fait historique, depuis les terrains du quartier de Stalingrad-La Chapelle au début des années 90 aux trains de banlieues, sur les rideaux de fer de Barbès et jusqu'aux catacombes, partout où nous allons. L'ensemble de la ville située à moins d'un étage de hauteur est repeinte par des vandales. Et sans qu'on n'y fasse plus attention qu'aux putes. Des tagueurs, des graffeurs, des voyous. Ou des ex-voyous. Comme Sari et Dealyt. À quarante piges, Sari et Dealyt font partie de l'ancienne génération de graffeurs, celle des années Mitterrand-Chirac et de la tradition orale du graffiti (il fallait entendre parler d'un tag et se déplacer pour le voir). On parle d'une époque sans tuto, où les quelques fanzines comme Intox ou Zulu Letters qui faisaient office de bulletins d'information étaient diffusés sous le manteau. Mais Paris a changé. J'ai rendez-vous avec deux jeunes vieux graffeurs pour m'en rendre compte en vrai, peinture sur le mur faisant foi. 21h, j'attends. Quand arrive sur les Grands Boulevards un duo encapuchonné dans le street-wear ad hoc, bibine à la main ; il est clair qu'il s'agit bien de nos hommes.
« Par contre, tu ne prends pas en photo nos gueules. » -Sari
Il y a des règles qui ne changent pas. Des Grands Boulevards, nous crapahutons vers Châtelet à la recherche d'une surface. Il s'agit d'un coup de pub du magasin Citadium et de l'agence Les Gros Mots, qui emploie plusieurs artistes à saccager toutes leurs affiches en une nuit.
« On va commencer par un peu de throw ups, Tu vois, c'est une technique des States pour faire amplement et rapidement du gros lettrage en forme de bulles. » -Dealyt
Quand nous stoppons en face du Théâtre du Gymnase, je vois les mines goguenardes des deux tagueurs tout-sourire, face à 6 bons mètres carrés de terrain de jeux. Ceux qui n'ont jamais pratiqué ce genre de délinquance imaginent mal la rapidité de l'acte. Quinze secondes à penser au motif, quinze autres pour sortir une bombe, et une minute de quartier libre pour tout saloper. Bombe armée, marqueur ouvert. Le temps s'accélère, il fait frais dans l'air. Et pendant que les secondes tombent, chaque passant peut nous voir, eux salir, moi photographier les murs de la ville la plus belle du monde, mais – excitation – l'attention est totalement portée sur ce son : le chuintement d'une bombe aérosol qui se répand. Sari enlève son gant.
« D'habitude, ça va encore plus vite. Un camion, tu restes 5 ou 10 minutes grand maximum, tu te barres parce que le proprio maraîcher peut descendre avec son cousin pour te faire les dents. » -Sari

Le monde (ne) vous regarde (pas)
Le Paris peint, les métros, les fresques hors-normes : tout a changé depuis leurs premiers blazes.
« Quand on faisait un train, ça pouvait rester des mois ! Tu pouvais voir ton wagon passer plusieurs fois, et tu prenais ton pied à écouter la réaction des gens quand tes dessins entraient en gare. » -Sari
23h, le PSG vient de perdre 2-0 contre Chelsea et nous marchons vers Beaubourg, où une palissade de douze mètres nous attend le long de la rue de Turbigo. Sari et Dealyt la défoncent dans toute sa longueur. Un festival de couleurs. J'esquive les voitures pour shooter. Quelques klaxons tentent bien de freiner nos ardeurs mais, rien à faire, Paris prend sa faciale. Dealyt se souvient du quartier, période début-de-la-fin-du-free-tag :
« Il s'est mis à y avoir beaucoup de caméras ici. Un soir, on faisait une cheminée blanche autour de Beaubourg avec deux potes, quand trois flics nous chopent. Ils étaient bizarrement violents pour du tag, et décident de nous emmener au poste. Et là, il n'y avait aucune bonne vidéo de nous ! Qu'est ce qu'on s'est foutus de leur gueule ! »
Plus loin, nous passons devant un kiosque recouvert d'un grand Sari peint en blanc :
« Celui-là, il date d'il y a un an ; c'est long pour un tag, mais ce kiosque ferme tard, aussi. Sur la petite ceinture, j'ai un tag qui date de 1994 ! » -Sari
La RATP ne laisse plus passer un seul spray. La rue est enregistrée. Et pourtant, quand Dealyt pose un épais The Next Invasion au nez d'une passante sexagénaire Place de la Bastille, il n'y a aucun malaise.
« Ha bon, vous travaillez ? »
demande la vieille dame, sans étonnement. Plus loin, des skateurs ralentiront pour regarder sécher. Nous sommes là où, il y a 20 ans, Sari et le crew TEH se donnaient rendez-vous le jeudi à 18h pour faire du vandale.
« Tu vois qu'aujourd'hui à Paris, des gens sont habitués. Parfois ils aiment même le graffiti. »
Bizarre. Dans une société qui laisse l'art du graffiti le cul entre deux chaises (le musée ou la cellule de dégrisement) mais qui reconnaît entièrement qu'il s'agit d'une performance (réussir sa connerie), difficile de faire la différence entre le bien et le mal.
« Dans les années 90, il y avait même un vieux flic en pré-retraite qui a fait sa propre brigade anti-tags, composée essentiellement de flics en civils. Et ce vieux policier était fan de graffiti ! Il a même dit à un copain j'adore ce que tu fais ! » -Dealyt
Plus tard, quand les derniers métros nous emmènent en bas des tours de la Place d'Italie, l'ambiance est moins cosy, et les peintres doivent agir entre deux sirènes de police. Il est tard. Les derniers chalands sur notre route profitent de la largeur des trottoirs pour ne pas trop s'approcher. C'est à la frontière de ces nouveaux buildings que nous nous séparerons. 
En 90, quand Dealyt revient de New York, il importe à Paris le crew TNI (The Next Invasion) que rejoindra ensuite Sari. Ils seront les premiers à faire du graffiti et non du simple tag sur les métros et dans la rue.
« C'était la seconde génération de graffeurs à vraiment faire le boulot. »
Aujourd'hui, même s'ils se sont un peu calmés, Dea et Sari peignent encore très vite. Je les ai suivis tardivement un soir de printemps, sur les murs de Paris que je vois différemment.
La vidéo dans laquelle on trouve aussi des séquences en compagnie de Gebonz, Golf, Nosé, Dire et Accuz :

In Your Area présente A sudden vacation to Barcelona, une nouvelle vidéo en compagnie du crew bulgare LPG en vacances à Barcelone et à Prague.

Thorfine est un photographe français qui présente Flash#1, un premier ouvrage auto-produit tiré à 400 exemplaires (reliure cousue, papier 170g).
Ce livre regroupe de nombreuses photos exclusivement prises à l'appareil photo argentique, d'ambiances et d'actions en compagnie des crews 1UP, VMD, PAL, KSF ainsi qu'en compagnie de Boris et Abra entre autres, dans les rues, les dépôts de trains et de métros de Paris, Berlin, New York, Madrid.
« Sites internet, blogs et magazines papiers regorgent d'informations sur l'univers du graffiti. Fourvoyés dans la masse, ces images se noient dans un constant besoin de présenter du nouveau, vite et de manière exhaustive, notamment via les divers réseaux sociaux. Flash est une édition intimiste qui dévoile une vision personnelle et brute des acteurs de ce mouvement. ces instantanés récoltés avec des appareils argentiques de 1er prix témoignent d'une volonté farouche de montrer l'envers d'une pratique gratuite, sans aucun artifice, bien loin de l'art urbain et de son marché qui envahissent notre quotidien. »
Flash#1 est disponible ici au prix de 20 euros.